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Prétendue augmentation du niveau de vie des Sénégalais - La Banque Mondiale et alli en disent long

Posté par: Frédéric Diop| Vendredi 27 novembre, 2015 13:11  | Consulté 579 fois  |  0 Réactions  |   

Considéré parmi les pays Africains les plus stables, le Sénégal aspire à devenir un pays émergent à l’horizon 2035. La croissance est cependant enlisée depuis 2006. Alors que le taux de croissance s’est établi en moyenne à 6 % sur cette période dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, celui du Sénégal n’atteint à peine 3,3 %. Autant dire que l’économie sénégalaise est à la traîne par rapport aux autres pays africains qui ne possèdent pas d’abondantes ressources naturelles. Le taux de pauvreté, a atteint 46,7 % selon une enquête réalisée auprès des ménages en 2011, et le pays a enregistré une hausse du nombre de pauvres entre 2006 et 2011. Compte tenu d’un accroissement démographique annuel de 2,5 %, le taux de croissance du PIB est bien en deçà du niveau nécessaire pour faire reculer la pauvreté.

En 2014, le PIB aurait augmenté de 4,7 % selon les estimations, soit son taux de croissance le plus élevé depuis 2008. On estime aussi que l’insécurité alimentaire touche 30 % des ménages ruraux, chez lesquels la prévalence de la pauvreté atteint plus de 55 %.

Cette économie sénégalaise devrait poursuivre son accélération en 2015 et 2016. L’activité économique sera en outre soutenue par la baisse des prix pétroliers, qui entraîne une réduction des coûts de production et des subventions à la consommation d’électricité. La croissance du PIB réel devrait se situer à 5 % en 2015 et atteindre environ 5,3 % pour la période 2016-17, avec pour principal moteur le secteur des services, et en particulier les télécommunications et les services financiers.

La mise en œuvre du « Plan Sénégal émergent » (PSE) promu par le gouvernement risque d’être entravée par les incertitudes entourant la bonne marche des réformes visant à assainir le secteur public en réduisant sa consommation improductive ainsi que par le ralentissement des efforts dirigés vers l’amélioration de l’efficacité des dépenses. La croissance pourrait en outre être pénalisée par la lenteur observée dans l’application des mesures prises dans les secteurs énergétique et agricole. Enfin, la possibilité d’élections dès 2017 risque de mettre à l’épreuve la résolution du gouvernement à garder le cap de la discipline budgétaire à moyen terme.

Au Sénégal, l'environnement semble être peu favorable à l’investissement dû au coût de l’énergie et les défaillances des systèmes de gouvernance qui constituent des facteurs empêchant le secteur privé de jouer son rôle de moteur de l’économie.

À cela s’ajoute la gestion sous-optimale des exportations des arachides, des produits de la pêche et des phosphates, qui a également pour effet de ralentir la croissance. Le secteur du tourisme, qui présente un grand potentiel, est presque négligé et laissé pour compte.

Le taux de pauvreté, qui atteint 46,7 % selon les dernières estimations, reste élevé. Le taux de croissance du PIB est bien en deçà du niveau nécessaire, tandis que le poids de plus en plus important des exportations de biens à forte intensité capitalistique, au détriment de secteurs intensifs en main-d’œuvre, limite la création de nouveaux emplois.

Le niveau des inégalités reste modéré et se situe au-dessous de la moyenne enregistrée en Afrique subsaharienne.

Si le pays a enregistré un certain nombre d’avancées sur le front de l’accès à l’éducation, un nombre important de jeunes ne fréquentent que des établissements coraniques, lesquels ne dispensent pas un enseignement aligné sur les programmes scolaires de l’école publique et sont en outre parfois associés à des pratiques de mendicité enfantine, surtout à Dakar. Plus généralement, la plupart des objectifs du Millénaire pour développement ne seront pas atteints.

Le PIB, le taux de croissance c’est bien sûr du papier, mais aussi et surtout, faudrait t-il le voir maintenant se matérialiser dans le quotidien des Sénégalais, de tout Sénégalais!

D'où est ce que Monsieur Mame Mbaye Niang Ministre, a sorti ses chiffres qu'il a étalé l’autre jour au cours d’un débat télévisé? En effet, s’exprimant après un certain nombre de publications par les partenaires au développement sur la place qu’occupe le Sénagal en terme de pauvreté, d’autosuffisance, de politique d’emploi, de croissance entre autre, le Ministre des jeunes s’est trompé et de pays et de chiffres.

Nos Ministres n'en finissent pas de brandir la croissance du PIB au Sénégal comme le signe absolu que tout va bien. Pourtant, à l'aune du développement humain, c'est-à-dire celui qui concerne la réalité des Sénégalais ordinaires, aucun progrès ne semble être enregistré. En effet, le pays demeure à la 25ème place parmi les plus pauvres (et même très endété ; NDLR), ce qui est un classement tout à fait médiocre et qui devrait relativiser les rodomontades sur une prétendue "émergence" en 2035, et les comparaisons insensées avec d’autres pays. Au titre du développement humain, le Sénégal est derrière beaucoup de « petits pays ».

Plus préoccupant, la progression de l'Indice de développement humain (IDH) a paradoxalement ralenti depuis quelques années et pourtant, des taux de croissance mirifiques sont chantés à longueur de journée.

Forcément, de nombreuses questions se posent. Dans quelles poches va donc la richesse qui est, nous dit-on, produite aujourd'hui plus que jamais dans le pays? A quoi sert l'endettement record du pays s'il n'améliore pas la santé, l'éducation et le niveau de vie des populations? La thèse défendue par les politiques de l’autre bord selon laquelle sous Macky Sall il existe une "croissance appauvrissante" trouve-t-elle là des éléments d'objectivation ?

Messieurs les acteurs, par amour pour votre patrie, dites la vérité aux sénégalais.

FBD, Archiviste

 L'auteur  Frédéric Diop
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Frédéric Diop
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