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La vie matérielle de l’Eglise catholique Sénégalais et les défis du moment

Posté par: Frédéric Diop| Samedi 17 octobre, 2015 15:10  | Consulté 462 fois  |  0 Réactions  |   

Les débuts des travaux du révérend père Edouard BRUCKER vers les années 1970 nous ont donné l’heureuse idée de poursuivre ses investigations.  De son expérience de seize années de ministère sacerdotal en la paroisse Marie Reine de l’Univers de Thiès, Père Brucker avait livré quelques réflexions sur ce sujet presque tabou : « la vie matérielle d’une paroisse».

Aujourd’hui, l’efficacité de l’évangélisation ne dépend pas des moyens matériels, elle tient à  la puissance de Dieu. Dieu seul peut changer les cœurs. Cependant, Dieu a voulu que sa grâce et son dessein soient aussi communiqués et répandus par et pour des hommes et des signes matériels. Ceux qui ont la responsabilité de proclamer l’évangile ne sont pas des anges. Ce sont des hommes soumis à la condition humaine et en tant que tels, ils ont des besoins matériels:
Pour eux même (subsistance, logement, santé, instruction, loisirs …),

Pour leur travail (moyens logistiques : église, salle de réunion, véhicule, outil informatique,  livres, papiers, etc.)

Saint Paul travaillait de ses mains pour gagner sa vie, d’autres apôtres étaient soutenus par des communautés de croyants. Dans l’église primitive, les fidèles se réunissaient chez ceux qui avaient une grande maison et de la place pour les accueillir, plus tard on construisit des lieux de rencontre ; des églises.

Aujourd’hui encore, les apôtres ont besoin de moyens matériels.

Beaucoup de prêtres et fidèles laïcs font de brillantes Thèses sur l’exégèse, la théologie, l’ecclésiologie, la missiologie etc. nous, nous voulons aborder cette question pour recevoir en retour avis, conseils et propositions toujours dans le but de mieux faire.

Prenons une paroisse parmi d’autres en ville: six mille chrétiens pour une population de 150 000 habitants ; milieux divers : quartiers chics, HLM, SICAP, quartiers populaires, bidonvilles ; composition de la population : des paysans de plus en plus éloignées de leurs champs transformés en terrains à  usage d’habitats à cause de l’extension de la ville, des ouvriers, des fonctionnaires, des employés de maison, des manœuvres journaliers, de petits artisans, beaucoup de chômeurs surtout des jeunes, de milliers de jeunes.

Les dépenses pour les prêtres eux-mêmes (nourriture, logement, eau, électricité, téléphone…)

Les dépenses pour le personnel de maison (besoins personnels divers, santé, livres, habits, salaires…),
Pour les activités pastorales ou ministère: le culte (bougies, hosties, vin de messe, livres liturgiques) mais aussi l’aide accordée aux plus démunis,

l’entretien des bâtiments (presbytères, églises, chapelles, salles de réunions, locaux divers)
le fonctionnement des activités paroissiales (catéchisme, mouvements, visites, véhicules).
Pourtant, les recettes proviennent pour la plus part du temps des honoraires des messes, des quêtes, des dons (parents, amis) et de l’aide reçu du diocèse ou de Rome dans le cadre de la propagation de la foi.

Le prêtre est  un « manager » disponible, compétent et serviteur, célébrant et accompagnateur, référent et écoutant… Il doit se déplacer pour répondre « présent » quelque soit l’endroit. Pour tout cela, ses conditions matérielles de vie sont importantes, par ailleurs ses revenus sont souvent modestes. Il doit disposer d’un cadre qu’on imagine simple et sans luxe, mais propre, fonctionnel et pratique, pour lui permettre de se reposer , recevoir en réunion, recevoir des proches, prier, étudier et travailler pour la pastorale et disposer d’une bonne organisation de bureautique, de communication et de documentation, pour son efficacité.

Mais hélas, comme le disait l’ancien prélat de l’église du Sénégal ''les catholiques sénégalais manquent de générosité, incapables, selon lui, de trouver le montant nécessaire'' pour construire une église. Ceci faisait suite à une rencontre d'information sur le projet de construction du sanctuaire diocésain Saint Paul de Grand Yoff. Il déplorait ainsi le manque de largesses ou plutôt l’ « attentiste » des catholiques.

« Nous attendons toujours que Monseigneur ou Mon père fassent quelque chose, alors normalement nous devons nous mobiliser pour construire nos églises, faire vivre nos prêtres et trouver à nos communautés paroissiales les moyens dont ils ont besoin pour travailler » avait-t-il dit, précisant que construire un sanctuaire à 2 milliards et plus doit être possible pour les catholiques sénégalais.

« Nous pouvons y arriver, parce qu’on a fait tellement de simulation pour montrer que si chaque chrétien donnait régulièrement entre 100 et 1000 francs, on aurait récolté des sommes immenses et normalement on aurait déjà pu terminer la construction de l’église » avait-t-il confié.

Il a fait savoir que ce qui l’a engagé dans ce projet qui a débuté en 2011 est que les catholiques de l’archidiocèse de Dakar « puissent saisir cette occasion pour comprendre qu’en se mettant ensemble, ils peuvent réaliser de grandes choses ».

Chers amis jeunes et adultes, chers paroissiens, chez sénégalais ; la balle est désormais dans notre camp. Puisse Dieu donner à chacun un cœur généreux capable de construire une église, construire notre église.

 L'auteur  Frédéric Diop
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Frédéric Diop
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